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  L'église de Tihange

                   

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L'EGLISE SAINTE MARGUERITE.

 
1. Extérieur de l'église.
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L'église de Tihange n'a pas de style particulier: elle a été construite et remaniée à trop d'époques différentes.

Pour nous y retrouver un peu, rien de tel que d'observer la maçonnerie de l'église, à commencer par celle du chœur. Ce qui frappe dans celle-ci c'est, à côté de la grande fenêtre assez récente, la petite fenêtre qu'on a rebouchée par la suite. C'est une fenêtre de style ogival, en arc brisé, ce qui permettrait de faire remonter la construction du chœur au 13e siècle. Il est possible qu'une chapelle se serait trouvée là, au 7e siècle, à l'époque de St Jean l'Agneau, et dont les moellons auraient servis à construire le chœur actuel.

La maçonnerie du transept, en belle pierre calcaire, est assez voisine de celle de la tour, ces deux éléments ayant été construits fin 15e, début 16e siècle.

Enfin, la troisième partie de l'édifice, qui correspond à la nef, construite en grès brunâtre, date du 18e siècle. C'est elle qui a imposé son style de fenêtre à l'ensemble de l'édifice.

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Quant au cimetière de Tihange, il était encore disposé, voici 120 ans, autour de l'église. On en a quelques témoins dans les pierres tombales encastrées soit dans le mur de l'église, soit dans le mur d'enceinte.


Revenons à la tour, avec sa flèche élégante à 8 côtés. Elle n'a pas d'entrée directe dans l'axe de l'église. Cette entrée a été reportée sur le côté, et donne un style d'église caractéristique de la vallée mosane.


La date de construction du portail est inconnue. Et on ne sait pourquoi il porte l'inscription IRS (habituellement emblème des Jésuites).


2. Intérieur del'église

Le décor intérieur est, contrairement au bâtiment, d'une belle unité. Il est en effet tout entier du 18e siècle, y compris le mobilier et les statues. On pourrait dire, en gros, que ce style se rattache au style baroque (16e siècle), style qui attirait le peuple par son ornementation.

Le baroque étant né de la Renaissance, laquelle redécouvre l'art romain et l'art grec, l'église de Tihange est peuplée de colonnes empruntées à ces derniers. Les piliers de la nef sont surmontés de chapiteaux ioniens, et les colonnes du retable central, certainement peintes à l'origine en imitation marbre, sont surmontées de chapiteaux corinthiens. Le baroque de l'église de Tihange est un baroque évolué, adapté à l'esprit du 18e siècle. L'art de ce siècle est un art de salon, un peu précieux. On retrouve donc, même dans les églises, cet esprit un peu frivole, qu'on devine dans les statues de St Roch et de St Jean Népomucène.

La découverte, également au 18e siècle, des ruines de Pompéi et Herculanum renforce encore l'engouement pour l'art antique. On arrive ainsi à l'art néo-classique, auquel se rattache plutôt l'église de Tihange. C'est dans ce style qu'ont été conçus les 3 retables qui servent d'arrière-plan aux 3 autels. Le retable central est de Denis-Georges Bayard, artisan de Namur. Celui de gauche est dédié à la Sainte Trinité et on y vénère la patronne de l'église, Ste Marguerite d'Antioche. Le retable de droite est dédié à Marie. A droite du retable, une fresque découverte en 1984-1985 représente St Christophe. Elle date de la fin du 15e ou du début du 16e siècle.

Les autels, en marbre, sont plus tardifs que les retables: ils remontent au 19e siècle.

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Le chœur contient deux grands tableaux. L'un représente st Jean l'Agneau, qui devint le 25e évêque de Tongres. L'autre montre le repentir de Ste Marie-Madeleine.

Trois statues sont du sculpteur liégeois Jacques de Vivroux. La première statue représente St Jean Népomucène. Pour la deuxième, on hésite entre St Hubert, St Nicolas et St Remacle. Enfin, la troisième montre St Roch.

Le mobilier est, comme on l'a dit, du 18e siècle, à commencer par les magnifiques orgues Mueseler. Un banc est gravé au nom de l'Abbesse de Solières, dont le couvent touchait la dîme de Tihange.

Arrêtons-nous un instant devant les pierres tombales. Au centre se trouvent celles de Rigaux de Kemexhe et de son neveu, qui furent tous deux curés de la paroisse. Et d'un intérêt particulier, devant la chapelle Ste Marguerite, voici la dalle funéraire de Jean de Potier, seigneur de Tihange, mort en 1542, et de son épouse Isabelle Barbe de Hung.

Et nous terminerons par les remarquables fonds baptismaux remontant au 15e siècle, bien que le couvercle ait été ajouté au 19e siècle.

(Extrait d'un fascicule réalisé par le Groupe de Recherche à la suite d'une visite de l'église, avec la collaboration de M. Jacques Henrard).

       

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