Sous les feuillages d'un parc silencieux, se situe cette demeure appelée parfois "Château Bodart". C'est une remarquable gentilhommière érigée en 1779 par une famille patricienne de Huy, les Bodart. ![]() Il s'agit d'un bâtiment de style Louis XVI, et on peut remarquer une certaine similitude de style avec l'Hôtel de Ville de Huy et le Musée d'Armes à Liège. Il apparaît aujourd'hui comme une vaste et belle demeure de campagne. La demeure fut bâtie en 1779, comme l'indiquent les frontons des lucarnes des façades, par Sacré-François Bodart, bourgmestre de Huy en 1764-1765 et seigneur de Perwez, et son épouse Marie-Thérèse Delmelle. Elle est restée depuis lors la propriété de la famille Bodart
![]() ![]() L'entrée principale est située rue Bonne Espérance. Laissons parler Mr Denis Loumaye. "La demeure est dissimulée par le feuillage d'un bel érable qui masque quelque peu le porche et pourrait faire croire qu'il s'agit d'un bâtiment annexe du château voisin. Il n'en est rien car, sitôt le porche franchi, on se trouve dans la cour qui conduit à l'entrée d'une élégante gentilhommière. Donnant sur la cour, à droite, on peut voir l'imposante demeure, en briques et calcaire sur soubassement de moellons de grès. Une superbe porte en plein cintre est précédée d'un perron de cinq marches profilées. La cour est pavée, et délimitée à l'est par la maison du jardinier et des dépendances agricoles. A gauche de l'entrée se trouve un vieux fournil remanié. ![]() ![]()
L'aspect intérieur de la demeure est particulièrement agréable. Le hall d'entrée, avec de magnifiques portes en vieux chêne massif, possède des lambris boisés de style Louis XV et Louis XVI. Il s'ouvre sur un escalier remarquable de noblesse bien que dépourvu de tout artifice décoratif. De chaque côté d'un hall à angles arrondis formant un ovale, se trouvent le salon et la salle à manger. Ces deux pièces ont été décorées par l'excellent peintre liégeois, Pierre-Michel de Lovinfosse. Les scènes de Bergers et Bergères du salon sont caractéristiques de l'époque. Quant aux chinoiseries de la salle-à-manger, elles sont inspirées de l'oeuvre du lyonnais Jean-Baptiste Pillement (1728-1808), le célèbre peintre de Louis XV, et en particulier de son "Cahiers de balançoires chinoises" publié à Paris en 1767. Les cheminées, et particulièrement celle du salon, sont remarquables. et représentatives du style Louis XVI. Une commode Louis XVI à décor sculpté et avec pieds du même style, a gardé une façade galbée. Prenant naissance dans le vestibule, la cage d'escalier part d'un hall carré situé côté cour. A l'étage, en face de l'escalier, une chapelle est aménagée dans une suite d'armoires-placards. On pouvait y célébrer la messe pour les gens du château. Un retable y existe toujours.
Enfin, rappelons également l'existence, jusqu'il y a une vingtaine d'années, du "Pont de Bonne Espérance" qui reliait les deux parties de la propriété séparées par la rue des Golettes. |
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